Face à la hausse des prix de l’énergie et à l’urgence climatique, le granulé de bois s’est imposé comme une alternative de plus en plus populaire pour le chauffage. Souvent présenté comme une énergie renouvelable et écologique, il suscite pourtant des débats. Le granulé de bois mérite-t-il vraiment cette réputation ?

Qu’est-ce que le granulé de bois ?

Le granulé de bois, aussi appelé pellet, est un combustible issu du compactage de résidus bois (sciure, copeaux, chutes de scieries). Ces résidus sont séchés, broyés puis compressés sans additifs chimiques, pour former de petits cylindres très denses à fort pouvoir calorifique.

Pourquoi le granulé de bois est considéré comme renouvelable

Une ressource issue du bois

Le bois est une ressource renouvelable, à condition que les forêts soient gérées durablement. Les arbres coupés peuvent être remplacés par de nouvelles plantations, ce qui renouvelle la ressource, contrairement aux énergies fossiles qui sont limitées.

Une valorisation des déchets de l’industrie du bois

Dans la majorité des cas, les granulés sont fabriqués à partir de sous-produits, ce qui permet d’optimiser l’utilisation du bois et de réduire le gaspillage.

Un cycle du carbone dit « court »

Lors de sa croissance, l’arbre absorbe du CO2. Lorsqu’il est brûlé, il restitue ce même CO2 dans l’atmosphère. Ce cycle est considéré comme neutre sur le long terme, contrairement au charbon, au fioul ou au gaz qui libèrent du carbone stocké depuis des millions d’années.

Gestion durable des forêts

Dans de nombreux pays, la production de granulés s’appuie sur des forêts gérées durablement :

  • On replante les arbres coupés
  • On protège les sols et la biodiversité

Les limites environnementales du granulé de bois

Emissions de polluant à la combustion

Même s’il est renouvelable, le granulé de bois n’est pas totalement propre :

  • Emissions de particules fines (PM2.5, PM10)
  • Oxyde d’azote (Nox)

Cela peut affecter la qualité de l’air, surtout en zone urbaine ou avec des appareils anciens/mal réglés.

Une neutralité carbone relative

Le CO2 est émis immédiatement lors de la combustion, tandis que la recapture du carbone par de nouveaux arbres prend plusieurs décennies. Si les arbres sont coupés plus vite qu’ils ne repoussent, le bilan devient négatif. Ce décalage temporel pose question dans un contexte d’urgence climatique.

L’impact de la production et du transport

La fabrication des granulés nécessite :

  • De l’énergie pour le séchage,
  • Des installations industrielles,
  • Des transports parfois longue distance.

Lorsque les granulés sont importés ou produits avec des énergies fossiles, leur bilan carbone se dégrade.

Une pression croissante sur les forêts

L’augmentation rapide de la demande peut encourager :

  • Des coupes excessives,
  • L’utilisation de bois rond plutôt que de simples résidus.

Sans régulation, le caractère renouvelable peut être remise en cause.

A quelles conditions le granulé de bois est réellement renouvelable

Le granulé de bois peut être considéré comme une énergie renouvelable si plusieurs critères sont respectés :

  • Bois issu de forêts gérées durablement (label PEFC, FSC)
  • Production locale ou régionale,
  • Utilisation majoritaire de résidus de scieries,
  • Combustion dans des équipements performant et récents,
  • Consommation raisonnée et complémentaire à la sobriété énergétique.

En conclusion, nous pouvons dire que le granulé de bois n’est ni une solution miracle ni une fausse énergie verte. C’est une énergie renouvelable sous conditions, qui peut jouer un rôle positif dans la transition énergétique, à condition d’un encadrement strict de la filière et d’une gestion durable des forêts.

Utilisé intelligemment, le granulé de bois reste une alternative plus vertueuse que les énergies fossiles, mais il ne doit pas être considéré comme une ressource illimitée.